Music Notation of the Thoughts (The) / Choe Jeong-u

Ramona
 
 

The Music Notation of the Thoughts (La partition de la pensée) will be published in a few days in South Korea.

« This book is very special because it contains almost all theoretical articles that I’ve written from 23 to 33 years old. So this is the result of my  past 10 years(and I want this to be a milestone for my next 10 years). I hope that many people can read it and extract from it some exciting hints and profound ideas for a new way to think and make theories. So, in other words, enjoy it! »

저 의 첫 책『사유의 악보』출간이 임박했습니다. 표지 사진이 나와서 올려봅니다. 며칠 안으로 시중에서 구해 읽으실 수 있을 거라 생각합니다. 제게는 스물셋부터 서른셋 사이 10년의 시간 동안 이런저런 소중하고 절실한 계기들을 통해 썼던 글들의 묶음이라 개인적으로 감회가 남다릅니다. 부디 많이, 세심하게, 잘 읽어주셨으면 하는 간절한 마음입니다.

Choe Jeong-u (March 2011)

 

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Hommage à PAK Wansô

pak wanso

PAK Wansô, romancière sud-coréenne (1931-2011), présente sans doute le profil le plus atypique des lettres sud-coréennes modernes, malgré les nombreux prix reçus (le Yi Sang en 1981). D’abord par ses débuts, qu’elle n’effectue qu’à quarante ans, après avoir vécu une vie d’épouse et de mère presque traditionnelle, à ceci près que cette vie se déroule à cheval sur l’occupation japonaise, la guerre du Pacifique, la partition du pays, la libération manquée, la Guerre de Corée et la division qui dure toujours…

Ses débuts fracassants, avec Namok (L’Arbre nu, 1970), et son impressionnante production depuis lors, ne la libèreront pas de ses contraintes sociales, sa vie ultérieure étant sans arrêt marquée par des drames et des deuils familiaux particulièrement douloureux. Loin d’en hériter un sentiment pessimiste, voire pleurnichard, qu’on aurait pu comprendre, elle va continuer à exprimer un amour de la vie et des gens, en particulier des femmes, qui tranche sur la production d’autres auteurs pourtant moins blessés par l’existence. Elle est une des rares femmes à développer un véritable sens de l’humour (Kûjaninhaettôn nal-ûi halmikkot, Une vieille anémone, un Jour lugubre, ou encore Celle que j’ai rencontrée à l’Aéroport), y compris au détriment des traits nationaux de ce pays ultra-nationaliste.

S’il fallait résumer son approche du monde, ce serait Comment survivre, ou plutôt, regardant toujours le passé à travers le présent, Comment avons-nous survécu ? La question prend sa source dans le naufrage des valeurs consécutif à la Guerre de Corée, à la division du pays, et aussi dans l’impossibilité des gens de sa génération à émettre un discours politique autre que de guerre froide, ou encore à expliquer pour quoi celui-ci est mort alors que celui-là a survécu. Elle est en ce sens un écrivain du hasard tragique.

Cela se traduit, dans son écriture, par un refus relatif d’intervenir, à travers une hésitation forte à décrire et définir personnages et situations. En cela, elle hérite largement de la fiction coréenne, depuis toujours avare en descriptions. Dans le cas de Pak Wansô, cela lui permet de ne pas à avoir à expliquer l’inexplicable, et à en rester à la seule compréhension émergeant des rapports humains.

A de rares exceptions près, ses personnages sont des femmes. Leur vie n’ont le plus souvent rien de très particulier. Etre femme et assumer leur mémoire et leur rôle sociale emplit leur vie. Citadines de la classe moyenne, elles oscillent entre une sorte d’ennui mal défini et un acharnement à vivre. Les trois générations de Ommaûi malt’uk (Les Piquets de ma Mère, 1994) incarnent parfaitement l’ensemble des personnages de Pak Wansô et les pesanteurs du métier de femme, tout au long du siècle écoulé. Mais c’est surtout un hymne à la force de ces femmes, dans un monde où les hommes sont très régulièrement absents, après avoir provoqué une catastrophe que les femmes devront assumer quoi qu’il leur en coûte. L’héroïne narratrice est encore une enfant lorsque sa mère, cédant à l’exode rural et contre toute prudence, part pour Séoul planter ses piquets. En grandissant, elle assistera à tous les drames de l’occupation japonaise, de la division et de la Guerre de Corée, avant de devoir assurer la transmission entre sa mère déjà dans un autre monde et la nouvelle génération prématurément sourde aux récits du passé. Un leitmotiv va organiser tous les épisodes, celui de la femme moderne, auquel chacune semble donner un sens différent.

Juste après, elle reprend cette thématique dans une forme autobiographique romancée, Kûmant’ôn shinganûn nuga ta môgôsûlkka? (Qui a mangé tout le shinga ?) dans laquelle elle interroge plus précisément l’époque coloniale et son éducation de nouvelle femme. Une Sortie hivernale (1986) basée sur l’histoire vraie d’une de ces femmes qui, contre toute vraisemblance, est parvenue à survivre à la guerre, mais au prix d’un incurable traumatisme, illustre parfaitement sa méthode: très peu de descriptions, peu d’événements spectaculaires, des personnages définis par leur histoire, la mise à jour d’une douleur existentielle révélée par un détail ou une anecdote.

REF

Celle que j’ai rencontrée à l’Aéroport, in L’Oiseau de Môlgyewôl, Le Méridien éd., 1988

Sortie hivernale, in La Chanteuse de P’ansori, Actes Sud, 1997

chanteuse de pansori

Les Piquets de ma Mère, Actes Sud, 2006

piquets

Une vieille Anémone, in Une Fille nommée Deuxième Garçon, Le Méridien éd., 1989

unefille

PATRICK MAURUS in Dictionnaire des Créatrices .- Editions des Femmes (à paraître)

EDITIONS DES FEMMES

Des Amis / Baek Nam-ryong; Patrick Maurus (trad.); Yang Junghee (trad.).- Actes Sud (à paraître).-

 A l’occasion de la prochaine parution aux Editions Actes Sud du roman Des Amis de Baek Nam-ryong (publié à Pyongyang en 1988), Patrick Maurus (trad.) in Le Monde Diplomatique.- janvier 2011.-

  »La littérature nord-coréenne est passée par des périodes distinctes. La période du romantisme révolutionnaire et des héros du régime s’est achevée au début des années 1990. Et à l’unisson du discours politique qui se déplace sur le scientifique et le technicien comme sujet de l’histoire, au détriment du paysan, de l’ouvrier et du soldat, la fiction met l’accent sur le savoir et la production. Des amis, qui traite d’un divorce, est un un excellent exemple : il se fonde sur l’idée que le régime est bon et la critique interne possible puisque les gens critiqués font obstacle à ce régime. Ce que dit le roman des cadres carriéristes et hypocrites est très violent mais acceptable, car les égoïstes sont réformables. Nous ne sommes pas loin du devoir pédagogique de remontrance du confucianisme. On imagine une littérature nord-coréenne entièrement téléguidée, mais il ne faut pas négliger la part d’autonomie de toute écriture : même le plus politiquement correct des textes dit toujours autre choses » (…)

Monde Diplomatique (janvier 2011)

Happy New Year!

La Corée dans ses fables, Patrick Maurus

Corée dans ses fablesA paraître le 10 novembre 2010, ACTES SUD

Thèmes : sciences politiques, sciences sociales, RPDC, historiographie, représentations, victimisation, social-darwinisme…

Essai
Que sait-on vraiment de la Corée, de ce qu’elle est, de ce qu’elle entend être ? Sait-on, par exemple, que ce pays ultra nationaliste mais divisé, ne possède pas de terme consensuel pour dire… Corée ? Patrick Maurus livre ici le fruit d’une enquête sur la psyché d’un “pays émergent” qui s’invente peut-être encore plus vite (et plus profondément) qu’il n’émerge.


Avant–dire, La Corée dans ses fables

Un soir de septembre 1965, si mes souvenirs sont exacts,
mon père rentre un peu tard à la maison, l’air un peu
contrit, celui qu’il avait lorsqu’il avait décidé seul d’un
achat un peu onéreux. La fratrie est rassemblée et jacasse
avec une parfaite incompétence du futur déménagement
en Iran. Et la nouvelle tombe : On ne part plus à Téhéran,
mais à Séoul…
Stupeur familiale. Et première apparition de la plaisanterie :
C’est où Séoul ? En Corée, bien sûr ! Et la Corée, c’est où… ?
Un petit cours de géographie plus tard, doublé d’un concert
de récriminations de ceux qui avaient pris deux leçons de persan,
nous étions déjà dans les bagages.
A l’époque, ce voyage méritait son ancien nom de périple.
Paris, Hambourg, Anchorage en Alaska (avec vue sur
le mont McKinley), Tokyo (nuit à l’hôtel), puis atterrissage
sur le vieil aéroport militaire de Yˇoido, soit sur le tout nouvel
aéroport de Kimpo, si petit à nos yeux de vingt et uniémistes.
Le premier regard (les Coréens disent : “Le début, c’est
la moitié”) compte et reste. Ocre gris. Une ville basse, peu
de véhicules, des gens en costume à croire qu’il n’y avait
qu’un seul modèle disponible, et nous, sidérés, à la fenêtre
du taxi. Avec cette odeur caractéristique, que j’identifierai
plus tard comme un mélange de kimch’i (le chou fermenté
national), d’essence, de poussière et d’arbre.
La suite, l’hôtel Bando, le seul disponible au centre, le
Chosun étant réquisitionné par l’armée américaine, puis
l’exil hors de Séoul, à Walker Hill, R and R pour soldats
américains servant au Viêtnam, n’est qu’inintéressante
autobiographie.
J’avais quinze ans, et je veux bien laisser dire que c’est
le plus bel âge de la vie. C’était en tout cas celui où le petit
coq apprenait à dire je et commençait à exister par lui même.
Ceux qui ont beaucoup voyagé ne comptent pas le passé
en années, mais en fonction des lieux où ils ont vécu.
Moi, c’était la Corée. Ce n’était pas, alors, chez moi.
J’ai ainsi évité une grande part du nationalisme et du
logocentrisme. Une chance inouïe. Je n’aime ni ne déteste
la France, je n’aime ni n’aime pas la Corée.
Je suis bien avec ceux qui m’enseignent quelque chose et
m’offrent ce que Lyotard appelait un exercice de déconcertation.

Emission spéciale poésie coréenne

Emission spéciale poésie contemporaine coréenne,
France Culture
Invité : Patrick Maurus

Ecouter l’émission

Le cinéma coréen, singulier ou pluriel ?

Table ronde animée par Sylvain Bourmeau, journaliste.

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Avec Alain Delissen (directeur adjoint du Centre de recherches sur la Corée, EHESS),
Valérie Gelézeau (géographe spécialiste de la Corée),
Adrien Gombeaud (critique à  la revue Positif, spécialiste du cinéma coréen),
Patrick Maurus (P.U. Institut National des Civilisations et Langues Orientales -INALCO- directeur du Centre de recherches indépendantes sur la Corée).

Ecouter le débat Cinéma coréen, singulier ou pluriel?

Seung-Won rencontre Ahn Sang Soo

Asian Improvisation Art Exchange 2010



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